Hier, " pas convaincu il y a une semaine par le plan Sarkozy", pour reprendre les termes du commentaire de France3, un éleveur de Boussac a déposé devant la mairie-QG du député-maire de Cressat Jean Auclair le cadavre d'une vache limousine.
Cet éleveur, qui entendait ainsi protester vigoureusement contre la baisse de son revenu agricole, n'a pas hésité à s'adresser ainsi au véritable responsable de la situation de crise que traverse le monde agricole : celui qui se présente comme le représentant du gouvernement dans notre département.
Et ce geste, venant d'un exploitant de 180 ha, ce qui est une surface non négligable, et qui correspond au discours dominant de justification de la course à l'hectare, est loin d'être anodin. La crise frappe tout le monde, alors que dans un passé récent, elle se concentrait davantage sur les plus petites exploitations, plus fragiles.
Réponse immédiate devant ce geste de désespoir, véritable cri du coeur, qui en dit long sur la mesure de la gravité de la situation qu'en fait Jean Auclair: " Mais non, putain ! Tu vas arrêter de faire le con !" . Digne réaction d'un parlementaire...
Répondant aux questions du journaliste de France 3, Jean Auclair donne ensuite la pleine mesure du caractère éminement politique de son analyse de la crise : " des crises et des crises, j'en ai vu, j'en ai vécu, et je dis qu'après la pluie vient toujours le soleil ! Et hélas, vice-versa. " Il est là, son problème à Jean Auclair: il n'a aucune réponse concrête à apporter à ces éleveurs en difficulté, dont nombre a cru en lui depuis des années. Car quand il suffisait d'accorder un passe-droit, d'arranger le coup, d'être généreux avec les subventions obligemment mises à sa disposition par un Etat peu regardant sur le caractère clientéliste de leur utilisation, il était le roi. Les réponses conjoncturelles, c'est toujours facile.
Aujourd'hui, le roi est nu, impuissant à apporter des réponses efficaces aux difficultés structurelles rencontrées par ceux dont il se complait à se dire le champion. Que personne n'en soit exagérément surpris: Jean Auclair n'a jamais eu la moindre influence déterminante sur les orientations agricoles de notre pays. Il n'a jamais pesé pour influer sur le rapport de force interne à la profession agricole, et rétablir de l'équité de traitement entre éleveurs et céréaliers par exemple. Lui le chantre de l'agriculteur-chef d'entreprise est bien impuissant face à une des logiques de l'entreprise, à la mode ultra-libérale: le dépot de bilan.
Attention à ce que cette initiative, bien ciblée, n'en appelle d'autres, du genre "copié-collé"... Jean Auclair pourra alors poursuivre ses aphorismes politiques, du genre "tant va la cruche à l'eau..."

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